Les sacrements : baptême et Sainte-Cène

Un « sacrement » signifie que Dieu se donne à nous dans sa Parole et par les gestes que l’Eglise a gardés depuis les origines. Traditionnellement, les Chrétiens réformés considèrent comme sacrements, dans un esprit de simplicité et de fidélité aux origines chrétiennes, uniquement le baptême et la Sainte Cène, l’eucharistie.
La Confession de foi de La Rochelle de 1559 dit que « ces sacrements sont ajoutés à la Parole pour plus ample confirmation afin d’aider et soulager notre foi ». Il est pourtant important, comme l’a rappelé, en 2001, le Synode national de l’Eglise réformée de France, de ne pas opposer la prédication "intellectuelle" aux sacrements "matériels", mais d’affirmer la complémentarité entre l’annonce de la Bonne nouvelle et l’administration des sacrements : la prédication et les sacrements expriment tous deux la même Parole.

Ceci explique pourquoi un culte protestant peut ou ne peut pas inclure la Sainte Cène, sans que son caractère soit changé : Le culte est aussi complet avec juste la prière, la lecture biblique et la prédication qu’avec la communion autour de la table du Seigneur.

Le baptême, "sacrement d'unité" reconnu par toutes les églises, ne se veut pas comme un rite d’initiation, mais comme un acte d’adoption par Dieu dans la communauté des fidèles. Nous n’avons pas à le devancer par nos efforts de compréhension ; c'est la raison pour laquelle un enfant peut recevoir le baptême. Car nous ne pouvons pas précéder Dieu qui nous choisit avant que nous ne puissions le choisir.

Le baptême et la Sainte Cène étant des dons que Dieu nous fait et que nous recevons, les protestants considèrent que l’Eglise n’est pas propriétaire des sacrements, et que la participation aux sacrements témoigne, non pas d’une appartenance confessionnelle ou de la dignité d’une personne, mais de l’action de l’Esprit dans la vie des croyants.